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AlternativesTunisie : le syndicat UGTTdevient l'acteur principalLes Tunisiens ont aujourd'hui encore manifesté pour exiger la fin du RCD, le parti de l'ancien président Ben Ali. En coulisses, les tractations se poursuivent autour de l'UGTT. Le vieux syndicat unique, qui a accompagné la révolution, apparaît comme la seule force capable de fédérer l'opposition politique. Enquête « Aujourd'hui, on reste calme, bien en place, on ne frappe personne, c'est compris ? » Sanglé dans un uniforme bien repassé, le capitaine de police passe ses troupes en revue, et transmet la consigne. Mardi à Tunis, la police dispersait les manifestants avec des tirs tendus de grenades lacrymogènes et un usage intensif des matraques. Mercredi, c'est donc « le calme ». Alors, peu à peu, des centaines de manifestants se pressent sur le terre-plein central de l'avenue Bourguiba, dans le centre-ville. Leur nombre grandit d'heure en heure, tous scandent des slogans hostiles au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de l'ancien président Ben Ali. Le RCD a conservé les quatre ministères clés du gouvernement provisoire formé lundi. Certains manifestants brandissent des photos des ministres RCD affublés de croix gammées : « Fascistes, terroristes ! Dégage ! ». Au sein de la foule, plusieurs jeunes se relaient avec un mégaphone fourni par l'UGTT, l'Union générale tunisienne du travail, la centrale syndicale fondée en 1924. C'est, de fait, la seule organisation politique représentée en tant que telle et tolérée parmi les manifestants, qui s'agrègent de manière spontanée jusqu'à la nuit tombée. Selon une annonce faite mercredi matin par le ministre du développement rural, le premier conseil des ministres doit se tenir jeudi. Mais le gouvernement paraît déjà condamné par la démission, mardi, de plusieurs ministres de l'opposition, dont trois affiliés à l'UGTT, qui réclame, comme les manifestants, le retrait du RCD. Le parti de Ben Ali semble en bout de course. L'UGTT, elle, apparaît plus que jamais comme la seule force politique incontournable. « L'opposition est très faible ; aujourd'hui, ce qui compte, c'est l'UGTT, et l'armée », juge Hassan, un manifestant pourtant sympathisant du parti démocrate progressiste (PDP, opposition légale). Lundi, avant la démission des trois ministres affiliés à l'UGTT, pas moins de six membres du gouvernement faisaient ou avaient fait partie de la direction de la centrale syndicale, qui est aussi représentée à l'Assemblée et au Sénat. Implantée dans chaque région, la centrale revendique 500.000 adhérents, principalement dans le secteur public. C'est une force politique sans équivalent aujourd'hui en Tunisie, sur laquelle l'opposition politique légale tente de se greffer. Toute la journée de mercredi, le Forum démocratique pour le travail et les libertés et Ettajdid, les deux organisations d'opposition également en dehors du gouvernement, ont discuté avec la direction de l'UGTT pour unifier leur position. Beaucoup de Tunisiens souhaitent désormais voir l'UGTT jouer un rôle politique plus important, à la mesure de sa participation au mouvement révolutionnaire. Déléguée syndicale de la branche des médecins hospitaliers, Ahlem Belhal a commencé à militer dans l'UGTT en 1987. Également militante et ancienne présidente de l'association tunisienne des femmes démocrates, elle se souvient du tournant de 2009, quand son syndicat a peu à peu pris la mesure du mouvement de Gafsa, dans le sud du pays, pour faire évoluer la ligne de l'organisation après la réélection de Ben Ali fin 2009. « Les mouvements sociaux étaient très forts, explique-t-elle. l'exécutif de l'UGTT a été obligé de suivre ses militants, qui étaient massivement investis dans ces mouvements. Aujourd'hui, l'UGTT doit être le garant du changement, politique, économique et social. Il n'en existe pas d'autres, l'organisation doit donc assumer un rôle politique important. L'UGTT, c'est notre garde-fou social. » Les trois ministres affiliés à l'UGTT qui ont démissionné mardi du gouvernement, sont issus de la gauche tunisienne. Économiste reconnu en Tunisie, inlassable critique du régime, Abdeljedid Bédoui, promu lundi pour occuper un obscur portefeuille de « ministre auprès du premier ministre » selon le communiqué offciel, est par exemple une figure de la gauche altermondialiste locale, très loin de la politique de privatisation engagée depuis 2000. Un tournant décisif, début janvier Longtemps pourtant, le syndicat a dû affronter une bureaucratie fidèle au régime de Ben Ali. Elu au congrès de 2002, réélu en 2007, le secrétaire général Abdessalem Jrad n'a pas toujours soutenu des positions progressistes hostiles au président tunisien, loin s'en faut. En 2009, il s'était prononcé, comme l'ensemble du bureau exécutif, pour la réélection de Ben Ali. C'était alors la position majoritaire au sein de la commission administrative de l'UGTT, qui regroupe 84 délégués par branche, en plus des 13 membres du bureau exécutif élu au congrès. « J'ai eu l'honneur de rencontrer le chef de l'Etat et ce fut l'occasion d'un très important entretien, au cours duquel nous avons abordé la situation douloureuse dans certaines régions du pays, ainsi que des idées et des propositions de l'UGTT, affirmait-il encore, le ... 12 janvier 2011, deux jours avant la fuite de l'ancien président tunisien !, avant de conclure : J'ai trouvé auprès du Président de la République une vision profonde des principaux problèmes et de leurs causes et une volonté de les résoudre. » Son intelligence tactique, reconnue par nombre de militants, lui a toutefois permis de sentir l'importance du mouvement et de plier, quand le régime lui-même demeurait aveugle. Début janvier, lors d'une assemblée générale extraordinaire, le secrétaire général avait entériné la décision d'entamer des grèves générales tournantes par région. « Ce fut un tournant, estime Sami Souhli, secrétaire général des médecins et des pharmaciens, historiquement à gauche, et qui siège à la commission administrative. Nous avons voté pour une grève générale tournante afin de s'accorder avec ce qu'était la réalité du terrain. Nos militants étaient déjà très impliqués, mais le régime était féroce, tirait à vue, il fallait encadrer un minimum le mouvement. Car dès ce moment, beaucoup de camarades avaient le sentiment que le régime était fragile, et était prêt à tout. L'UGTT a alors joué son rôle, d'où sa popularité aujourd'hui. » Cinq jours après la chute de Ben Ali, le tournant progressiste de l'UGTT a donc été entériné à tous les étages, validant ainsi l'investissement syndical que ses militants ont parfois payé cher depuis la prise de pouvoir de l'ancien dictateur tunisien. Les positions progressistes de certaines branches de la centrale syndicale, comme celle des PTT ou de l'enseignement supérieur, ont été construites pas à pas par les militants de base durant les années 1990, quand le régime se déchaînait contre tout ce qui pouvait de près ou de loin lui faire un peu d'ombre. « La gauche était tellement faible alors, se rappelle Lamjed Jemli, professeur de philosophie et militant de l'UGTT. Nous étions tellement fractionnés à l'époque, si divisés par une répression très dure. On ne pouvait même pas faire de grève de la faim en prison pour attirer l'attention : ou bien ils nous forçaient à manger, ou bien on héritait d'une balle dans la tête. » « Le hold-up n'a pas tenu » Si le retrait du gouvernement et la dissolution du RCD paraissent aujourd'hui le scénario le plus probable, si Nahda, le parti islamiste, a annoncé qu'il ne présenterait pas de candidat à l'élection présidentielle (dont la date demeure indéterminée) et n'apparaît pas encore comme une force d'opposition solide, quel sera le rôle de l'UGTT dans les mois à venir ? Dans les années 1990, certains dirigeants de la centrale, tel Ali Ramdhane, songeaient à fonder un Parti des travailleurs, lié à l'UGTT. Une option abandonnée depuis. Pourtant, certains militants syndicaux redoutent que la direction du syndicat nourrisse l'ambition de court-circuiter le processus révolutionnaire en marche. Secrétaire général des médecins et des pharmaciens, élu à la commission administrative de l'UGTT, Sami Souhli raconte comment sa direction n'a pas perdu ses mauvaises habitudes en acceptant, sans consulter la base, de participer au gouvernement annoncé ce lundi. Un vote sur cette question devait intervenir lors d'une assemblée plénière de la commission administrative du syndicat. « Mais on l'a bien vu, ce hold-up n'a pas tenu », dit-il. Pour lui, cette participation temporaire au gouvernement n'a qu'un but : gagner du temps. « On ne le rappelle pas assez souvent, mais les liens sont forts entre la direction de l'UGTT et le RCD. En acceptant cette participation au gouvernement, le bureau exécutif occupe le terrain et retarde le processus qui doit mener à un gouvernement de salut populaire, pour que les membres du RCD qui ont été le plus mouillés dans la répression et les affaires puissent fuir. Il ne faut donc pas se relâcher, et continuer de demander des comptes à la direction du syndicat, ce que nous ferons au cours de l'assemblée plénière prévue pour vendredi. » Plusieurs branches du syndicat souhaitent aussi que le programme élaboré au sein de l'UGTT (régime parlementaire, gouvernement de salut public incluant l'ensemble des forces démocrates) soit écrit noir sur blanc, dans une résolution signée par le bureau exécutif. De son côté, Sami Souhli insiste pour que les comités de défense des quartiers, qui ont émergé ces derniers jours dans toute la Tunisie, et les comités d'entreprise soient enfin reconnus par l'Etat, et puissent se fédérer pour être représentés au Parlement tunisien. « C'est un fait, souffle-t-il, le mouvement populaire tunisien n'est aujourd'hui pas représenté politiquement. Il est pourtant indispensable qu'il le soit. Sans quoi, la révolution initiée par le peuple tunisien lui sera bien vite confisquée. » Son apprentissage politique, Lamjed Jemli l'a effectué au sein de l'Union générale des étudiants tunisiens, ce qui lui a valu de fêter ses 20 ans en prison. 27 mois d'emprisonnement, de 1994 à 1996. Admis au concours du Capes de philosophie une fois ses études achevées, envoyé dans un lycée à Monastir, il est licencié au bout d'un mois par l'administration en raison de son parcours politique. Contraint de chercher un emploi dans le privé, il profite finalement de l'ouverture d'un call center à Ben Arous, au sud de Tunis, pour s'y faire embaucher et fonder le premier syndicat tunisien de ce secteur d'activité. Aujourd'hui coordinateur des sections UGTT du secteur privé, Lamjed Jemli n'a plus de doute : pour lui, c'est sûr, le RCD va se dissoudre : « Ils n'ont pas le choix, ils ne peuvent faire le chantage de la sécurité contre le coup d'Etat militaire : notre armée, c'est 45.000 personnes, appelés compris. Une dictature militaire, ce n'est pas possible. Et la population le sait. Elle n'acceptera pas de se faire voler sa révolution sous ce prétexte. Le meilleur choix pour le RCD maintenant est de s'auto-dissoudre, de rendre les locaux de l'Etat qu'il occupe et les voitures de fonction. Ils pourront ainsi, s'ils en ont la capacité politique, retenter ensuite leur chance en formant de nouveaux partis. Le peuple tunisien ne demande pas de lynchage, comme pour le parti Baas en Irak, mais il veut pouvoir décider de son sort en toute transparence. » Pas plus que la menace de l'armée, le retour dans le jeu politique des partis islamistes ne saurait justifier le maintien du RCD, selon Ahlem Belhal, militante de l'UGTT, ancienne présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates. « La soi-disant lutte contre l'islamisme nous a valu 23 années de dictature, tonne-t-elle. C'était un argument efficace pour faire plaisir à la France et aux pays occidentaux, mais ici, c'est une manière de nous opprimer encore davantage, de nous mettre en prison, y compris des membres de notre association. La concertation doit désormais se faire avec tous ceux qui le souhaitent, sans restriction, pour établir un cadre qui puisse garantir les valeurs de cette révolution, la démocratie, l'égalité, la justice sociale, la liberté de culte et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. C'est l'oppression et la négation de l'espace public qui nourrissent l'islam radical, pas la démocratie. Soirée publique sur l'accord Canada-Union européenne (AÉCG)Pour "accompagner" les négociations officielles à Ottawa.... tous les détails encore à venir mais "bookez" vos agendas CO2 : Nouveau mystère en SaskatchewanIl y a eu l'affaire des OGM Monsanto. La province canadienne de la Saskatchewan est le siège d'une nouvelle controverse (1) ; un couple de fermier s'estime victime du gaz carbonique injecté dans un puits de pétrole en sous-sol. Le programme de séquestration de carbone de Weyburn est la plus ancienne expérience d'enfouissement de gaz carbonique. Chaque jour, huit mille tonnes du gaz sont injectées dans un gisement de pétrole, pour améliorer la récupération des hydrocarbures. Une manière aussi de mettre sous une épaisse couverture les rejets de CO2 d'une usine américaine. Bref, un projet scruté par tous les pays de la planète, et financé par plusieurs gouvernements et même par l'Union européenne. Mais Cameron et Jane Kerr ne l'entendent pas de cette oreille. Voilà des années qu'ils tempêtent contre cette expérience, s'estimant victimes de fuites de gaz carbonique. Dans des étangs de leur propriété, il y aurait des développements spectaculaires d'algues. Des bouillonnements et de l'écume. De petits animaux auraient été retrouvés morts à proximité. Ces étangs seraient-ils des lac Nyos en puissance ? (2) Pour en avoir le cœur net, les agriculteurs ont donc payé un consultant pour faire des mesures. Son rapport affirme que le sol de ses clients contient un taux anormalement élevé de CO2. Problème : plusieurs organisations affirment le contraire, et démentent l'existence de fuites. C'est le cas de Cenovus, l'exploitant du gisement pétrolier, et du Centre de recherches sur la technologie pétrolière, un organisme financé par les pouvoirs publics canadiens mais aussi par l'industrie des hydrocarbures. Pour taire la querelle, le gouvernement du Saskatchewan avait promis une longue enquête scientifique en 2007. Mais le dossier a suivi le chemin du CO2, il a été enfoui… Il faudrait peut-être commencer par l'exhumer et tenir sa promesse, non ? (1) Une longue saga judiciaire a opposé Percy Schmeiser, un agriculteur canadien qui estimait que ses cultures avaient été contaminé par des semences de colza transgénique à Monsanto, lequel accusait l'agriculteur de contrefaçon. Un arrangement a finalement été trouvé, et les deux parties ont crié victoire. (2) En 1986, une brusque éruption du gaz carbonique naturellement accumulé au fond du lac camerounais avait tué 1700 personnes. Depuis, des opérations de dégazage sont conduites régulièrement. En Tunisie, le rejet du parti de Ben Ali ébranle le gouvernementLes premiers couacs de l'après-révolution n'ont pas tardé en Tunisie : cinq ministres issus de l'opposition ont démissionné mardi du gouvernement de Mohamed Ghannouchi, moins de 24 heures après l'annonce de sa formation. La contestation du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), l'ancien parti de Ben Ali, s'étend dans le pays où des permanences du parti ont été investies par la foule. Ces images, tournées ce mardi par un vidéaste amateur à Sousse, l'une des principales villes du pays, sur la côte méditerranéenne, montrent comment la foule de manifestants a occupé le siège du RCD en chantant l'hymne national tunisien. (Voir la vidéo) C'est également la question du RCD qui est au cœur des secousses qui agitent le tout nouveau gouvernement. Selon les informations de notre correspondant à Tunis, les membres de l'opposition, et en particulier les membres désignés par le syndicat des travailleurs UGTT, se sont retirés en raison de la présence de plusieurs membres éminents de l'ancien parti au pouvoir, en particulier les plus importants ministères, ceux de la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Finances, qui n'ont pas changé de main. Selon les membres de l'opposition, le gouvernement auquel ils avaient accepté de participer ne devait pas compter de barons du RCD. Le refus de la base de l'UGTT A l'UGTT, en particulier, la base a imposé son point de vue à une direction qui s'était largement discréditée aux côté de l'ancien régime, et a imposé la démission des quatre membres issus de ses rangs. L'un de ses dirigeants a expliqué : « L'UGTT a décidé de quitter le gouvernement car elle refuse de siéger avec des ministres de l'ancien pouvoir. » Parmi les principaux démissionnaires figure Mustapha Ben Jafaar, secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), un parti d'opposition, qui devait occuper le portefeuille de la Santé. En réponse à ces critiques, le Président par interim, Fouad Mebazaa, et le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, ont eux même annoncé leur démission du RCD, annonçant une « séparation de l'Etat et du parti ». Ces décisions risquent fort d'être totalement insuffisantes pour calmer la colère de la population, qui estime que le RCD cherche un moyen de perpétuer son pouvoir sous d'autres formes malgré le départ de son chef suprême, l'ex-Président Ben Ali. Dernier coup dur pour le RCD : le parti a été « exclu » mardi de l'Internationale socialiste, dont il était resté membre jusqu'au bout malgré les critiques. Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire national du PS chargé des questions internationales, a déclaré dans un communiqué : « A la demande du Parti socialiste français, qui l'avait maintes fois réclamé dans le passé, l'Internationale socialiste a rompu toute relation avec le RCD Tunisien et l'a exclu de ses rangs. » Un ralliement de la 25e heure des socialistes européens à une révolution dont l'onde de choc n'a pas fini de surprendre. Il y a cinquante ans, ils assassinaient LumumbaEn cette journée "anniversaire" de son assassinat, nous reproduisons ici le texte intégral du discours de Patrice LUMUMBA, Premier ministre et ministre de la défense nationale de la République du Congo, à la cérémonie de l'Indépendance à Léopoldville le 30 juin 1960. « Congolais et Congolaises, Combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieux, Je vous salue au nom du gouvernement congolais, A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cours, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté. Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise (applaudissements), une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n'avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l'humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu'à un noir on disait "tu", non certes comme à un ami, mais parce que le "vous" honorable était réservé aux seuls blancs ? Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n'était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un blanc ou d'un noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu'il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs, qu'un noir n'était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dit européens ; qu'un noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe. Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d'une justice d'oppression et d'exploitation (applaudissements) (1). Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cour de l'oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a été proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sours, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail (applaudissements). Nous allons montrer au monde ce que peut faire l'homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique tout entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d'autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles. Nous allons mettre fin à l'oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des Droits de l'Homme (applaudissements). Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu'elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cours et des bonnes volontés (applaudissements). Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l'assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu'elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu'elle soit (applaudissements). Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l'histoire, n'a pas essayé de s'opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d'être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j'en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis. Ainsi, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, le Congo nouveau, notre chère République que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m'aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d'oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l'étranger. Je demande à la minorité parlementaire d'aider mon gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L'indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain (applaudissements). Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j'ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine (applaudissements). Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays. J'invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique. Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive l'indépendance de l'Unité africaine ! Vive le Congo indépendant et souverain ! (applaudissements prolongés). » « L'armée ne tire pas » : l'homme fort de la Tunisie est général(De Tunis) Sur le papier, Fouad Mebazaa est officiellement président par intérim. Mais l'ancien président de la Chambre des députés, 78 ans, est un homme à la santé chancelante, qui n'a ni autorité, ni envergure, ni ambition. Il ne voulait pas du pouvoir et n'a pas été préparé à l'exercer. Le vrai homme fort n'est donc ni le Président, ni le chef du gouvernement, Mohamed Ghannouchi, un technocrate spécialiste des questions économiques et financières, mais Rachid Ammar, le chef d'état-major de l'armée de terre. Limogé par Ben Ali pour avoir refusé de tirer sur le peuple Agé de 63 ou 64 ans, ce Sahélien natif de Sayada, une petite bourgade du littoral, était totalement inconnu du grand public il y a encore quelques semaines. Mais il a eu le courage de s'opposer à Ben Ali, quand le dictateur tunisien a appelé la grande muette à la rescousse pour mater l'insurrection populaire dans les villes de Kasserine, Thala et Sidi Bouzid. « D'accord pour déployer les soldats, afin de calmer la situation, mais l'armée ne tire pas sur le peuple », a-t-il fait savoir. Limogé séance tenante par Ben Ali et assigné à résidence, il a été rétabli dans ses fonctions par Mohamed Ghannouchi le 14 janvier, lors du dénouement de la crise. La retenue de l'armée a évité un effroyable carnage. Fidèle à une tradition de non-ingérence dans les affaires politiques héritée de la présidence Bourguiba, elle a tenu à ne pas apparaître sur le devant de la scène. Mais c'est bien elle qui a rendu possible le départ de Ben Ali. « Elle a joué un rôle déterminant et s'est clairement placée du côté de la transition », commente Néjib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste, un des principaux chefs de file de l'opposition, qui est pressenti pour participer au gouvernement d'union nationale. Ben Ali a marginalisé l'armée au profit d'une police pléthorique Fondée en 1957, l'armée tunisienne, qui n'aurait donc pas tiré un seul coup de feu contre les manifestants, a été délibérément marginalisée par le président Ben Ali au profit de l'autre composante de l'appareil sécuritaire, la police, dont les effectifs (120 000 hommes) ont quadruplé au cours des vingt dernières années. Avec seulement 35 000 hommes – dont 27 000 pour l'armée de terre – l'armée tunisienne est sous-dimensionnée et sous-équipée. Elle ne possède que douze hélicoptères. Quatre sont affectés à la surveillance du couvre-feu dans la capitale, et tournoient toutes les nuits au-dessus de Tunis et sa banlieue, pour sécuriser l'agglomération et prévenir les exactions des miliciens inféodés à l'ancien régime. Zine el-Abidine Ben Ali, qui était lui-même militaire, se méfiait de ses frères d'armes. En avril 2002, un mystérieux accident d'hélicoptère avait décapité l'état-major des forces terrestres au grand complet. Et tué les treize plus hauts gradés, dont le chef d'état-major, le général de brigade Abdelaziz Rachid Skik, personnalité très respectée de la troupe. Alternatives fait peau neuve.C'est dans une dizaine de jours que sera finalement lancé le nouveau site Web d'Alternatives. Après une année passée dans l'ombre du Journal des alternatives que nous avions mis « temporairement » à l'avant plan, Alternatives reprend « ses droits » sur le nom de domaine alternatives.ca où logera dorénavant le site de l'organisation. Les habitués et les lecteurs du Journal pourront continuer de le suivre au URL : http://journal.alternatives.ca . Ce nouveau site sera à moyen terme beaucoup plus interactif avec des options personnalisées pour nos membres. Dès son lancement, il présentera les diverses campagnes et activités mises de l'avant par l'organisation dans les prochaines semaines. Il offrira aussi quelques surprises musicales intéressantes. C'est à suivre COCHABAMBA +1Les 15, 16 et 17 avril 2011 Une conférence axée vers l'ACTION qui portera notamment sur des thèmes comme les crises écologiques et les alternatives citoyennes , les stratégies de transition vers une économie sans carbone et les conversions industrielles, la lutte aux énergies fossiles, la science et la justice climatique, l'écosocialisme, Les mobilisation citoyenne contre les gaz de schiste et les sables bitumineux, la dette écologique et solidarité, la multiplicité et la convergence des réseaux. En somme, un moment pour bâtir un mouvement ! AVEC : Pablo Solon, ambassadeur de la Bolivie auprès des Nations unies et grand initiateur du processus du Sommet des peuples sur le changement climatique qui s'est tenu à Cochabamba et qui se poursuivra à Cancun ; Maude Barlow : présidente du Conseil des canadiens, militante reconnue mondialement sur la question de l'accès à l'eau Vinod Raina est le secrétaire général du BGVS, un mouvement populaire d'envergure nationale en Inde. Militant engagé de Jubilee South, il travaille notamment sur la question de la dette environnementale. Judy Rebick : professeure à Ryerson University, militante politique et sociale Louise Vandelac : Professeur titulaire de l'Institut de l'Environnement de l'Université du Québec à Montréal, Et aussi Amir Khadir , André Bélisle, Avi Lewis, Clayton Muller Thomas, Éric Darier, George Monbiot, Jacques Létourneau, Judith Marshall, Laura Martin, Louise Casselman, Lucie Sauvé, Michel Lambert, Michel Loreau, Nick De Carlo, Pat Mooney, Roger Rashi, Sam Gindin, Terisa Turner, Tony Clarke et VOUS ! BEN ALI EST PARTI !!La nouvelle est tombée autour de midi aujourd'hui ; Ben Ali, le détesté Président tunisien au cœur d'une critique et d'une mobilisation populaire sans précédent partout en Tunisie a quitté son pays. Les conditions de son départ demeure cependant confuses car il n'a pas démissionné ni ne fut démis de ses fonctions. Il demeure de facto « Président de la Tunisie » jusqu'à ce que se formalise son éventuel démission. Deuxième nouvelle "plutôt positive", c'est le Premier Ministre Mohammed Ghannouchi, qui reprend les rênes de ce qui reste du gouvernement jusqu'à prochain ordre évitant du même coup de créer un vacuum qui aurait pu ouvrir la porte à un ordre militaire qui était craint par tous. Le Premier ministre tunisien a assuré, à la télévision qu'il respecterait la constitution et restaurerait la stabilité du pays, pendant la période de transition, jusqu'aux élections anticipées. Mais les tunisiens et tunisiennes de Montréal demeure inquiets. Aux bureaux d'Alternatives qui hébergent le quartier général de la diaspora tunisienne de Montréal, les tunisiens d'ici suivent les nouvelles à la minute et se demandent qu'elle sera la suite ? Ces ont des instants historiques d'une part, mais d'autre part, les rues de Tunis demeurent chaotiques, les nouvelles des parents sont confuses, et surtout, tous les multiples scénarios quant l'évolution politique demeurent possibles. À qui peut-on faire confiance ?? Demain, cette communauté tunisienne canadienne organise des manifestations à Montréal, Québec et Ottawa. Plusieurs organisations de la société civile québécoise, dont Alternatives, ont lancé une déclaration en appui aux tunisiens et tunisiennes. Nous nous associons au large élan de consternation et de solidarité internationale qui s'exprime pour exiger un cessez-le-feu immédiat de la part du gouvernement de Tunis. Nous soutenons les revendications légitimes des Tunisiens et Tunisiennes pour le respect de leur droit à la dignité et leurs libertés démocratiques consacrées par la Déclaration universelle des droits de l'Homme. En tant que Canadiennes et Canadiens, nous réclamons du gouvernement Harper qu'il utilise tous les outils diplomatiques à sa disposition pour exercer des pressions sur son vis-à-vis tunisien afin que ce dernier cesse immédiatement ses attaques contre les civils tunisiens et qu'il respecte le droit des militants, des journalistes, des avocats, des internautes et cyber-dissidents ainsi que de tous les citoyens et citoyennes qui participent aux manifestations pacifiques. Comme l'a demandé le 12 janvier dernier La Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navy Pillay, qui a appelé le gouvernement tunisien à mener des enquêtes « indépendantes et crédibles », à la suite des informations sur un « usage excessif » de la force par les services de sécurité, nous exigeons également du gouvernement canadien qu'il demande des enquêtes transparentes, indépendantes et crédibles sur ces exactions. Heureuse année 2011Pour Alternatives et pour nombre d'entre nous, l'année 2010 fut remplie de défis. Au cœur d'une tourmente politique provoquée par le gouvernement conservateur, nos hiver et printemps 2010 furent essentiellement consacrés à notre campagne de plaidoyer pour faire valoir notre droit d'exister, de fonctionner dans le système canadien de coopération et d'ainsi récupérer une partie des fonds de l'Agence canadienne de coopération internationale qui furent injustement coupés sans qu'aucune raison ne nous fussent données Ce furent des mois intenses desquels nous retiendront surtout l'incroyable vague de solidarité démontrée tant par vous, nos membres individuels, que par nos différents partenaires et alliés. Ces sont vos actions d'alors, vos centaines de lettres aux autorités, vos réflexions et vos liens mentionnant Alternatives dans et sur vos réseaux sociaux, vos invitations au sein vos organisations pour que nous puissions y faire connaître notre situation, vos partenariats renouvelés avec Alternatives qui furent et firent notre succès. Au moment ou cela importait le plus, les membres, proches et sympathisants d'Alternatives et des idéaux sociaux et politiques que nous défendons ont clairement fait savoir qu'ils entendaient maintenir leur organisation vivante et pertinente. Au nom de l'équipe des salariés de l'organisation, je tiens personnellement à en remercier chacun et chacune d'entre vous. 2011 ne sera sans doute aussi remplie de défis. Dans le secteur de la coopération internationale, tout indique que le gouvernement canadien maintiendra le cap vers des modifications structurelles dramatiques. Beaucoup d'organisations auront des difficultés en 2011 à poursuivre leurs activités au niveau des années précédentes et ces reculs se révèlent très graves dans la mesure ce sont des années de partenariats avec nos alliés et partenaires au Sud qui sont menacés par le cynisme des conservateurs. La solidarité internationale est une chose importante en situation de crise humanitaire, mais c'est une erreur que d'en exclure toutes les autres manifestations dont notamment l'appui aux organisations sociales citoyennes qui luttent pour des acquis sociaux. C'est pourtant ce que le gouvernement canadien cherche en faire en limitant sérieusement l'accès au financement pour nos organisations de solidarité. En 2011, la lutte pour renouveler le financement d'Alternatives et renouveler les financements de l'ensemble des organisations de solidarité s'accentuera. En 2011 de plus, les luttes citoyennes pour les droits fondamentaux seront bien plus larges que le seul enjeu de la coopération internationale. Car depuis l'arrivée au pouvoir du parti conservateur, nous assistons à une intensification des attaques contre les institutions démocratiques, les pratiques démocratiques et les droits et libertés. Ces attaques systématiques tendent à faire taire la voix de toute organisation ou de tout individu qui conteste ou critique les politiques du gouvernement canadien. Dans les derniers mois, au Québec et au Canada, deux coalitions réunissant ensemble des centaines de groupes ont vu le jour. Des organisations sociales, étudiantes, de femmes, syndicales, d'artistes, de groupes de solidarité internationale et de groupes de droits sociaux et humains exigent du gouvernement canadien qu'il protège et défende les droits et libertés, en particulier la liberté d'expression, sans parti pris, et qu'il favorise et respecte la place du débat public comme fondement de la vie démocratique. Avec notamment les rumeurs d'élections qui vont grandissantes, les activités de ces deux coalitions seront en croissance et c'est d'ailleurs par une invitation de la coalition « Pas de démocratie sans voix » que nous entreprenons notre programme 2011. Pas de démocratie sans voix Pour revenir plus précisément à Alternatives, les prochains mois seront très actifs et nous vous proposons plusieurs activités dans de nombreux secteurs d'intérêt. En Janvier, Nous reprenons le travail au sein de la coalition Pas de démocratie sans voix avec notamment une journée de travail le 28 où nous discuterons ensemble des moyens de défendre une réelle démocratie et une réelle liberté d'expression au Canada. La journée s'ouvrira sur une présentation de M. Christian Nadeau, auteur du livre « Contre Harper » qui présentera son analyse de la philosophie conservatrice et de ses dangers. La rencontre vise à renforcer le mouvement d'opposition aux politiques conservatrices actuelles et au mode de gouvernance du gouvernement canadien, pour un réel projet de société où nous avons une VOIX. Dans une optique de concertation, et en vue de rendre ce mouvement pancanadien, les représentants de la coalition Voices/Voix, présente dans le reste du Canada, seront spécialement invités à participer à la journée et à collaborer à la mise en œuvre des actions prônées. FSM Dakar Dans les jours qui suivront, une importante délégation d'une vintaine de membres d'Alternatives se retrouvera à Dakar pour le Forum Social Mondial (voir l'article plus bas) où en collaboration avec les organisations membres de la fédération AlterInter, nous ferons la promotion d'Au moins deux autres activités essentielles, soit : le Forum social mondial sur la solidairité avec la Palestine et le Forum Social Mondial sur la souveraineté alimentaire en Haïti. Cochabamba +1 En avril, Alternatives plonge dans le débat sur la Justice climatique. Nous coorganisons avec le magazine Canadian Dimension une rencontre qui regroupera des mouvements sociaux et écologiques québécois et canadiens dans un large débat sur la question de la protection des droits de la terre tel que formulés à la rencontre de Cochabamba qui s'est tenu en avril 2010 et de laquelle était ressortis d'intéressantes propositions comme celle de créer un tribunal international sur les droits environnementaux (voir article). Vers le Forum social mondial de DakarLe prochain Forum social mondial se tiendra du 6 au 12 février 2011 à Dakar au Sénégal. Alternatives y sera entres autres représenté par une vingtaine de personnes dont, notamment, une délégation de jeunes. La fédération Alternatives international y organisera en collaboration avec plusieurs autres réseaux des activités de promotion, notamment, du Forum Social Mondial pour la solidarité avec la Palestine et du Forum Social Mondial sur la souveraineté alimentaire en Haïti. Les deux événements sont pour l'instant prévus en 2012. Ce forum se déroule dans le contexte de crises globales : sociale économique, financière, écologique qui prennent un caractère particulier en Afrique avec plus de 50% de la population Africaine vivant avec moins de 1 dollar par jour, des taux de chômage et de pauvreté catastrophiques tant en milieux urbain que rural et des services publiques démantelés par les différents plans d'austérité des grands institutions mondiales Malgré les derniers conflits qui perdurent, de nombreuses élections se déroulent en Afrique en 2010-2011 et la question de la démocratie sera une thématique centrale. Comme chez nous, la relation entre l'Etat et la société civile se pose de façon aiguë. La prise de conscience des Africains sur cette question tiendra une place très importante dans le prochain FSM. Pour revenir donc au forum social, celui-ci se tiendra du 6 au 12 février 2011, à l'UCAD (université Cheikh Anta Diop) à Dakar. Le conseil international du Forum social mondial a défini 3 axes stratégiques pour le Forum de Dakar : a- Approfondir l'analyse critique du Capitalisme : Le monde est en proie à une série de crises sans précédent y compris la crise du changement climatique, toutes ces crises sont liées au mode de production et d'accumulation capitaliste.
b- Renforcer les luttes et résistances contre le capitalisme, l'impérialisme et l'oppression. Le FSM doit offrir un espace à tous les groupes mouvements, à toutes les forces politiques progressistes opposées d'une manière ou d'une autre aux politiques associées au paradigme néolibéral et luttant contre l'oppression, la domination, la discrimination, l'exclusion au nord comme au sud. c- Construire des alternatives démocratiques et populaires. Face à la crise systémique et crise de légitimité du capitalisme, il s'impose de promouvoir d'autres modèles de production et de distribution des richesses en rupture avec la logique de l'accumulation capitaliste.
La mise en œuvre de l'Initiative Yasuní-ITTEntretien avec María Fernanda Espinosa L'Initiative Yasuní-ITT, projet emblématique du gouvernement équatorien depuis sa présentation en juin 2007, représente un des espoirs au niveau international dans les discussions pour lutter contre le réchauffement climatique. On parle beaucoup de cette initiative, on commente ses avances et ses retards. Cet entretien avec María Fernanda Espinosa, Ministre Coordinatrice du Patrimoine, coordinatrice de l'Initiative Yasuní-ITT et une des principales personnes qui l'a porté politiquement, nous permet d'éclairer quelques-uns des principaux thèmes du projet : ses apports, son positionnement dans les négociations internationales, les problèmes et les avancées avec le fidéicomis (dont on parle beaucoup mais dont on ne sait que peu de choses) et de sa mise en œuvre. Maria Fernanda Espinosa est une écologiste de renommée internationale. Avant d'être Ministre Coordinatrice du Patrimoine, elle a été Ministre des Affaires Etrangères de la République de l'Équateur. Il a également été Directrice régionale de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN en anglais) en Amérique du Sud. Elle a réalisé de nombreux travaux en relation avec la gestion des ressources naturelles et les communautés locales, en particulier en Amazonie, et un nombre considérable de publications sur les droits indigènes, la politique environnementale, la conservation, la gouvernabilité environnementale, les droits territoriaux, la pauvreté, le genre, l'ethnicité, la participation publique et de la société civile. Qu'est-ce qui fait, selon toi, que l'Initiative Yasuní-ITT est un projet innovateur au niveau mondial ? Je crois que quand nous répétons sans cesse que c'est un projet qui casse certaines représentations, qui remet en cause le statut quo, qui change la manière de concevoir le développement, il me semble que c'est important de mettre un contenu sur chaque chose. Tout d'abord, je pense qu'en établissant des mécanismes de co-responsabilité sur un bien public mondial comme l'atmosphère, nous sommes en train de dire que, pour un programme de ce type, nous n'avons besoin ni de donations, ni de coopération mais d'un système compensatoire sous les principes de co-responsabilité. Je crois que cela change la logique de ce qu'a été la coopération en matière environnementale et en matière de changement climatique. Ensuite, l'Initiative Yasuní conceptualise une nouvelle manière d'envisager le développement. Pour des pays comme l'Equateur dont la matrice exportatrice dépend à 60% de l'exportation du pétrole, prendre la décision de ne pas exploiter 20% de ses réserves de pétrole, c'est quelque chose qui nous permet de repenser la manière dont nous allons faire la transition vers un modèle de développement post-pétrolier. Que signifie cela ? Premièrement, cela passe par un changement de la matrice énergétique. Cela passe par une diversification de nos ressources exportables. Cela passe par la mise en place de notre condition de pays méga-divers au cœur de nos objectifs de développement. Quand notre Plan Nacional para el Buen Vivir (NdA : plan national de développement) dit que nous devons être une société de services et de bioconnaissance, nous savons qu'il y a tout un chemin à faire pour mener la transition vers cela. C'est pour ça que l'investissement du Fond ITT sera non seulement pour changer la matrice énergétique, mais aussi pour garantir notre couverture forestière à travers la protection de nos 45 Aires Protégées qui correspondent à 20% du territoire national. Nous sommes en train de dire que nous allons faire un travail important dans l'efficacité énergétique, dans les programmes de discrimination positive et d'inclusion sociale avec les populations qui ont historiquement souffert d'une exploitation pétrolière mal comprise comme un mécanisme de plan colonial de l'Amazonie. Nous sommes donc en train de dire que nous allons décoloniser l'Amazonie dans sa plus ample dimension. Nous sommes aussi en train de dire que nous allons reboiser et réparer les écosystèmes dégradés, surtout ceux que l'exploitation pétrolière a endommagés. Je crois que c'est un changement de langage, de paradigme pour ce qui est des schémas de développement. Troisièmement, pour l'Equateur comme pour 5 ou 6 pays de la région latino-américaine, conserver et protéger les droits des peuples en isolement volontaire est un défi car il n'y a pas de manuel pour cela. Le thème de l'observation de ces peuples sans les approcher est très délicat. C'est une métaphore pour dire : comment fais-tu pour les protéger sans les contacter ? Parce que c'est une décision qu'ils ont prise. Et sans parler avec eux… Sans parler avec eux. Donc, bien sûr que c'est un défi énorme que nous avons. Et il me semble que c'est aussi emblématique en termes de responsabilité des Etats pour garantir les droits collectifs de leurs peuples indigènes. Il y a beaucoup de rhétorique mais comment mettons-nous cela en pratique dans un Etat plurinational et pluriculturel comme le nôtre ? C'est un grand défi et c'est beaucoup plus compliqué que ce que les gens pensent. Donc, c'est réellement un projet qui pose les grandes lignes de ce que signifie le développement pour des pays méga-divers dépendants du pétrole comme l'Equateur. C'est pour cela que je pense qu'il est innovant. Et il me semble qu'il est en train de reposer le problème dans toute la discussion internationale en matière de changement climatique. Que disons-nous ? L'Initiative ITT est une initiative qui a un concept derrière. Ce concept, nous avons réussi à l'intégrer dans la décision de la Conférence sur le Changement Climatique à Cancún : celui des « émissions nettes évitées », concept « parapluie » pour comprendre des mécanismes compensatoires. Pas de coopération, pas de philanthropie, mais des mécanismes compensatoires pour les pays qui prennent la décision volontaire et unilatérale de ne pas réaliser une activité économique déterminée. Comme cela réduit la pression sur l'atmosphère, nous avons besoin de mécanismes internationaux de compensation. Donc il y a des pays qui sont plus disposés et d'autres moins. Je pense aussi que cela est en train de changer conceptuellement les thèmes du débat sur le changement climatique. Le Président de l'Equateur, Rafael Correa, a été très direct, très clair en présentant ce concept d'émissions nettes évitées lors de la Conférence à Cancún. Il est déjà inclus dans la décision de Cancún et il va nous permettre de discuter les thèmes du changement climatique dans des conditions beaucoup plus équitables parce que nos pays sont des producteurs de services environnementaux au niveau international. Comment discutons-nous avec le Nord ? Depuis Cancún, la stratégie internationale de l'Equateur concernant le changement climatique est, maintenant, beaucoup plus claire. Mais, auparavant, on se posait beaucoup de questions au niveau politique et au niveau des organisations sociales sur le positionnement de l'Initiative Yasuní-ITT dans les négociations internationales. Pourquoi avoir choisi de mettre l'Initiative dans les négociations sur le réchauffement global et non dans les négociations sur la biodiversité ? Alors, la vérité c'est que l'Initiative est dans tous les forums. Nous avons positionné l'ITT dans les forums sur l'eau, maintenant dans la Conférence des Parties sur la Biodiversité à Nagoya. Nous avons positionné notre débat au niveau des forums de négociation sur le changement climatique. Nous sommes partout parce que la proposition est tellement complète et polyvalente que cela nous permet de la situer dans tous ces forums. Un des arguments les plus forts c'est la responsabilité planétaire de maintenir un des épicentres d'endémisme et de diversité biologique de la planète. Le Yasuní est un refuge du pléistocène. Ce n'est pas nous qui le disons, c'est l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement) ainsi que plus de 20-30 scientifiques qui ont fait des recherches détaillées sur la condition de refuge du pléistocène du Yasuní. C'est le message que nous avons porté à Nagoya, le message de la valeur stratégique des ressources de la biodiversité pour le développement de nos pays. Pour cela, l'Equateur a participé activement dans le processus de constitution d'un régime international d'accès aux ressources génétiques parce que, pour des pays méga-divers comme le notre, c'est un élément clé pour notre développement. C'est ainsi que nous avons positionné l'Initiative dans toutes les sphères. Ce qui se passe c'est que, médiatiquement, au niveau international, les autres débats ont été totalement cooptés par les discussions sur le changement climatique. Ou plutôt, le thème changement climatique a « mangé » le débat sur les forêts au niveau multilatéral. Il a « mangé » le débat sur l'eau et celui sur la biodiversité. Et c'est pour cela que le travail que nous avons fait dans d'autres sphères n'a pas été plus visible. Quelles ont été les difficultés dans la création du fidéicomis et pour la signature avec le PNUD ? Quels sont les avantages du fidéicomis que vous avez signé avec le PNUD par rapport au précédent qui a été rejeté par le président Correa, crise qui a abouti à la démission du ministre des Affaires Etrangères, Fander Falconi, en janvier 2010 ? Là, il y a beaucoup de thèmes. Premièrement, quand nous changeons l'expression « donateurs » par « contributeur », ce n'est pas un changement formel, c'est un changement de cadre et de logique. Pour faire ce changement, le PNUD a dû modifier sa réglementation interne. Le second thème était vital pour nous. Normalement, dans les fidéicomis gérés par les Nations Unies, c'est le système des Nations Unies qui exécute tous les programmes. C'est-à-dire, l'argent arrive et eux, à travers le PNUD, PNUMA, UNESCO, UNICEF et leurs autres agences, exécutent. Nous avons changé cette logique et les agences qui mettent en œuvre le projet sont aujourd'hui les institutions nationales, en accord avec les priorités nationales. C'est un projet où les institutions nationales exécutent. Ce ne sont pas les Nations Unies qui exécutent. Nous avons garanti notre souveraineté dans l'intervention dans les projets. Cela a été un changement qui nous a coûté au moins un an pour négocier le texte du fidéicomis. Troisièmement. Il y avait une grande discussion sur la gouvernance du fond. Qui allait décider ? Dans les formes traditionnelles des fonds administrés par le PNUD (entre 35 et 40 fonds), de manière basique, les mécanismes de prise de décision sont fortement dominés par les contributeurs et les Nations Unies. Cela s'est passé par exemple avec le cas d'Haïti. Ce sont eux qui décident, eux qui déterminent ce dont le pays a besoin. Donc, ici, non, pour une raison simple : nous avons un Plan Nacional para el Buen Vivir ou Plan national de Développement convainquant. Nous savons exactement quels sont nos besoins. Nous avons un plan clair pour la transition vers les énergies renouvelables. Nous n'allons rien improviser. Nous savons quels sont nos projets de développement soutenable à long terme qui sont prioritaires. Nous travaillons sur des objectifs jusqu'en 2020, et après je crois que c'est jusqu'en 2050. L'Etat est un grand planificateur, nos institutions sont formées pour mettre en œuvre. Par conséquent, la mise en œuvre va dépendre de l'Equateur. Bien sûr, c'est une gouvernance mixte. Les contributeurs vont participer, avec leurs opinions et leur orientation. La société civile va participer, ce qui n'était pas pris en considération avant, et le gouvernement équatorien va participer. Nous avons changé la logique de la gouvernance du fonds. Pour faire cela, nous avons mis des mois. De plus, il était dit dans la version antérieure du Fidéicomis, que la société civile pourra avoir un rôle d'observateur. Le Président Correa a dit non. Qu'est-ce que ce rôle d'observateur ? Si la société civile est présente, elle doit avoir le droit de vote et de délibérer. Cela doit être avec la voix et avec le vote. Elle n'est pas là pour seulement écouter sinon, quel sens cela a-t-il ? Donc, nous avons changé cela, autrement dit nous avons changé la gouvernance, nous avons changé le modèle de gestion, nous avons changé le concept de donation par celui de contribution avec une nouvelle logique de co-responsabilité. Et aussi, nous avons fait une série d'arrangements, parce que ce fonds était pensé pour 13 ans. Il fallait, en fonction des expectatives de contribution, un flux financier soutenable sur le long terme. Cela nous a aussi coûté techniquement beaucoup de temps pour que ce soit sérieux ; et ensuite nous avons travaillé très soigneusement sur quelles seraient les garanties pour le contributeur en termes de reddition de comptes et de surveillance du Fonds dans le cadre de la réglementation que gère le système des Nations Unies. Cela inclut la responsabilité dans la gestion du fonds, de la transparence, rendre des comptes, des mécanismes d'audit, des rapports périodiques aux contributeurs. Et enfin, tous les arrangements que nous avons réalisés pour que ces Certificats de Garantie Yasuní, que l'Etat équatorien va donner, soient articulés à un concept que nous avons développé conjointement avec le Ministère des Finances sur la dette imprévisible. C'est-à-dire que le contributeur reçoit son certificat et si à un moment il est décidé d'exploiter le pétrole, alors comment cela est rendu effectif, autrement dit à quoi sert ce certificat de garantie. C'est une garantie légalement inaliénable pour le pays de remboursement de la totalité des fonds apportés. Tout cela a été très compliqué parce que nous avons travaillé sans aucun modèle. Il n'y avait pas de jurisprudence sur ça, il n'y avait aucun autre fidéicomis qui ait les mêmes caractéristiques que celui que nous avons négocié. C'est pour cela que nous avons mis autant de temps. Mais ensuite, nous avons obtenu un résultat tel qu'aujourd'hui le PNUD est en train de repenser ses logiques de conformation de ses fidéicomis en accord avec l'exemple de l'Equateur. Ils sont même en train de changer leurs normes internes pour cela. Une fois qu'il y aura 100 millions de dollars dans le fidéicomis, celui-ci pourra fonctionner. Concrètement, comment allez-vous mettre en œuvre le projet ? Tout d'abord, le document du fidéicomis signale ce seuil de 100 millions de dollars mais il signale aussi des mécanismes d'évaluation financière de ce fonds, non seulement quantitative mais aussi qualitative. Tous les deux ans, une évaluation périodique sera effectuée. Comment allons-nous commencer ? Tout est déjà prêt pour commencer. Nous avons toute une série de projets prioritaires concernant le fonds de capital qui va servir pour financer des projets d'énergies renouvelables. De plus, nous avons toute une série de projets de conservation prêts et classés par ordre de priorité par la SENPLADES (Secrétariat National de Planification et de Développement). Cette année, notre priorité est de réussir à obtenir les fonds nécessaires pour que le Fonds puisse démarrer et pour impliquer la société civile, le secteur privé. En même temps, SENPLADES et le Ministère des Energies Renouvelables ont déjà commencé à travailler sur ce que serait le mécanisme de fonctionnement. Mais si demain nous avons les 100 millions de dollars, les projets sont prêts, le mécanisme est prêt, le modèle de gestion est prêt. Et la population peut-elle proposer des projets ? Moi je dirais bien sûr que oui, mais en termes d'énergies renouvelables qui est le principal investissement, c'est un peu difficile de penser que ce serait la population qui pense à un projet éolique ou à un projet solaire, car ce sont des projets très coûteux. Maintenant si la demande vient de la population, elle sera évaluée avec la participation de SENPLADES et du directoire du fonds. Nous devons mentionner que le Ministère des Energies renouvelables fonctionne très bien, il a une équipe de haut niveau. Nous avons déjà identifié tous les projets, beaucoup comptent déjà des études de faisabilité, des études de coûts. C'est-à-dire que nous avons déjà tout un programme. Donc s'il y avait une initiative citoyenne qui serait plutôt pour les cinq secteurs d'investissement, pour le fonds de rendement ITT, c'est beaucoup plus facile de pouvoir la travailler avec la société civile. Autrement, ce serait démagogique de dire que nous allons recevoir les projets éoliques, géothermiques, depuis la société. Quelle est la différence entre le fonds de capital ITT et le fonds de rendement ITT ? Tous les apports entrent dans le fonds de capital qui est un fonds d'investissement. Ce fonds d'investissement finance une seule chose : les projets d'énergies renouvelables qui sont des projets du gouvernement en accord avec le plan de transition nationale de la matrice énergétique. Ce fonds génère 7% d'intérêts. Ces intérêts que génère le fonds vont dans un autre fonds qui est le fonds de rendement. Les fidéicomis fonctionnent ainsi, nous n'avons rien inventé. Donc ce fonds de rendement finance cinq secteurs : récupération, restauration et reboisement des écosystèmes dégradés ; développement social, autrement dit le paiement de la dette sociale avec une attention particulière à la population amazonienne ; efficacité énergétique ; et investissement dans les sciences et technologies. Le directoire du fonds décide quels sont les projets prioritaires : par exemple, ce projet éolique ou ce projet géothermique, ou nous allons investir dans un projet d'énergie solaire aux Galápagos (parce que nous avons un plan de zéro combustible fossile pour les Galápagos pour 2012). Le directoire décide cela et ensuite il décide : les 7% d'ici pour là et maintenant nous allons mettre en priorité les projets de développement social. Donc, ici, par exemple peuvent venir les Waoranis, les paysans, etc. Le Comité du Secrétariat Technique évalue tous les projets et fait ses recommandations au Directoire du fonds. Et la population peut donc parfaitement s'organiser et proposer des projets au Secrétariat Technique qui analyse, étudie et décide, conjointement avec le Directoire du fonds dans lequel sont présents les contributeurs, la société civile et le gouvernement. L'auteur est Doctorant en science politique à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence. Chercheur invité à la FLACSO-Equateur. JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES MASSACRES EN TUNISIE EN SOLIDARITÉ À LA LUTTE DU PEUPLE TUNISIENJOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES MASSACRES EN TUNISIE ET DE SOLIDARITÉ ET SOUTIEN AUX LUTTES DU PEUPLE TUNISIEN SAMEDI 15 JANVIER 2011 - 14 HEURES Le Collectif Canadien de solidarité avec les luttes sociales en Tunisie appelle toutes les forces démocratiques Québécoises et Canadiennes, Arabes, Maghrébine partout au Québec et au Canada à faire de ce samedi 15 janvier 2011 une journée internationale de soutien et de solidarité avec les luttes du peuple tunisien. Les Tunisiens se soulèvent contre la misère et la corruption, ils se battent pour une vie digne et pour l'emploi. Le gouvernement répond par le mépris, la répression et d'éternelles promesses rarement suivies d'effets. La répression est féroce et sanglante. En Tunisie, la police tire sans aucune retenue sur des citoyens désarmés : plus de quarante-cinq morts, et des centaines d'arrestations et toujours la même rengaine : le gouvernement parle de terrorisme et de complots de l'étranger. Les jeunes Tunisiens refusent la misère et la corruption. Ils veulent pouvoir vivre chez eux dignement et librement comme les Québécois et les Canadiens. Nous savons bien que les régimes autoritaires et répressifs plient face à la solidarité internationale, alors manifestons et rassemblons-nous toutes et tous partout. Pour toutes ces raisons, nous appelons à une manifestation pour exiger l'arrêt du carnage et du bain de sang dans lequel le régime de Ben Ali a plongé la Tunisie. Faisons entendre nos voix et brisons le silence complice des gouvernements occidentaux. À Montréal:Rassemblement et départ de la marche au Square Dorchester, (coin René-Lévesque et Peel) À Ottawa : Devant le Parlement du Canada, Ottawa À Québec : Devant le Centre Communautaire Lucien Borgne au 100 Chemin Ste-Foy Une Activité parrainé par Alternatives et l'Association des droits de la personne au Maghreb-Canada INVITATION de la Coalition Pas de démocratie sans voix !Journée de travail pour l'élaboration d'un plan d'action collectif "Au pouvoir depuis quatre ans, le gouvernement Harper n'aura en fait jamais été aussi actif que cette année pour imprimer sa vision idéologique partout dans le gouvernement. […] Ce qu'il souhaite, c'est être celui qui aura changé les valeurs du pays pour les rendre conformes au conservatisme social économique qu'il prône et qui aura ainsi modifié de façon durable sa gouvernance. " Bernard Descôteaux, Le Devoir 18 décembre 2010 "La plupart des citoyens se sentent toutefois démunis lorsque vient le temps de passer de la parole aux gestes, un peu comme si la présence des conservateurs au pouvoir était une calamité inévitable. Or, leur arrivée au gouvernement n'a rien d'une catastrophe naturelle. S'ils ont gagné, ils peuvent perdre." Christian Nadeau Contre Harper Chère amies, Chers amis, Un an après la prorogation du parlement de 2009, les décisions du gouvernement conservateur continuent de miner le fonctionnement des institutions démocratiques au Canada et le musellement des populations québécoise et canadienne se poursuit. Il faut agir avant que ces décisions n'aient des conséquences durables sur la démocratie au Canada et au Québec. Il est urgent de refuser collectivement ce rétrécissement imposé de l'espace démocratique. Le 28 janvier prochain, participez avec nous à une journée de travail où nous discuterons ensemble des moyens de défendre une réelle démocratie et une réelle liberté d'expression au pays. La journée s'ouvrira sur une présentation de M. Christian Nadeau, auteur du livre « Contre Harper » qui présentera son analyse de la philosophie conservatrice et de ses dangers. La rencontre vise à renforcer le mouvement d'opposition aux politiques conservatrices actuelles et au mode de gouvernance du gouvernement canadien, pour un réel projet de société où nous avons une VOIX. Dans une optique de concertation, et en vue de rendre ce mouvement pancanadien, les représentants de la coalition Voices/Voix, présente dans le reste du Canada, seront spécialement invités à participer à la journée et à collaborer à la mise en œuvre des actions prônées. La rencontre se tiendra dans les locaux de l'UQAM, Pavillon Hubert Aquin, local A-1340, situé au 400, rue Ste-Catherine Est N.B. La rencontre s'adresse aux représentants d'organisations de la société civile. Le Comité de coordination de la Coalition Pas de démocratie sans voix ! Alternatives - Amnistie internationale Canada francophone - Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) - Centre international de solidarité ouvrière (CISO) - Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Centrale des syndicats nationaux (CSN) - Centre justice et foi - Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) - Fédération des femmes du Québec (FFQ) - Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) - Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) - Ligue des droits et libertés - Table Régionale des Organismes Volontaires d'Éducation Populaire de Montréal (TROVEP) Veuillez confirmer votre présence auprès d'Amélie Nguyen à l'adresse analyste@aqoci.qc.ca Retour sur des événements qui ont menacé la démocratie et la liberté d'expression dans les dernier mois : Le Sénat, où les conservateurs détiennent désormais la majorité des voix, n'a pas hésité à bloquer des projets de loi qui ont été proposés par des représentants élus à la Chambre des communes ;
Haïti : lutter pour la justice depuis le séismeUne présentation publique de Mario Joseph et Rea Dol, deux militants haïtiens œuvrant pour les droits humains, l'accès à éducation et la démocratie. Le lundi 24 janvier 2010, à 19h Salle 100, Centre St-Pierre, 1212 Panet (métro Beaudry) En Haïti, la colère populaire gronde suite à des élections frauduleuses, à la présence militaire des Nations Unies et à des efforts de reconstruction nettement insuffisants. En effet, un an après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010, plus de 1 millions d'Haïtiens vivent toujours dans des camps de fortune peu sécuritaires et insalubres et font face au choléra, aux évictions forcées et à une éducation difficilement accessible. Mario Joseph est considéré comme « l'avocat des droits humains le plus respecté d'Haïti » par le New York Times. Son travail sur les droits humains, récompensé par plusieurs prix, a porté sur les causes les plus graves en Occident. Il est gérant du Bureau des avocats internationaux (BAI), l'organisation des droits humains la plus importante opérant actuellement en Haïti. Depuis le tremblement de terre, le BAI a défendu des milliers de survivants contre des évictions forcées en plus de promouvoir, devant La Cour interaméricain des droits de l'homme, le droit des femmes vivant dans les camps. Reconnue, toujours selon le New York Times, pour son travail exceptionnel de soutien suite au tremblement de terre de janvier dernier, Rea Dol est une organisatrice communautaire d'Haïti depuis le début du mouvement démocratique. Elle est la directrice de SOPUDEP (http://www.sopudep.org/), une organisation communautaire de Port-au-Prince qui comprend une école élémentaire et secondaire pour plus de 400 élèves, un programme de micro-crédit pour les femmes et des cours d'alphabétisation pour les adultes. Elle a aussi mis sur pied un programme de prévention et de traitement du HIV-SIDA ainsi qu'une fédération populaire d'organismes de femmes luttant pour leur survie économique à Haïti. Organisé par le Comité de solidarité Montréal-Haïti. S'il vous plaît, diffusez largement. Pour appuyer cet événement ou pour aider à l'organiser : 514-483-2458 ou elldarren@gmail.com Entrée gratuite, mais contributions volontaires bienvenues (les recettes iront à SOPUDEP, IJDH et au BAI). Haiti-Séisme-Un an : Crise sociale renforcéeLe premier anniversaire du terrible séisme du 12 janvier, qui a causé la mort de 300.000 personnes, dévasté la capitale et d'autres villes, trouve Haïti dans une profonde crise sociale et des problèmes politiques récurrents. La minute fatidique, c'était 14 :53 (heure locale), lorsque le cataclysme de 7 degrés ayant son épicentre à 15 kilomètres de la capitale, Port-au-Prince, a renversé le palais présidentiel, la cathédrale, les écoles, les hôpitaux, les ministères et des dizaines de bâtiments institutionnels. Des dizaines de milliers de résidences se sont également effondrées, prenant au piège leurs occupants et laissant sans abri 1,5 million de personnes, qui ont eu le temps de s'échapper. Ces dernières ont rejoint le grand nombre d'habitants de diverses régions d'Haiti, qui ne bénéficient d'aucun accès aux services de base comme la santé, le logement, l'éducation, le travail et l'alimentation. Selon les derniers chiffres, un an plus tard, plus d'un million de personnes déplacées continuent à vivre dans 1.300 camps improvisés où ils demeurent sans espoir à moyen terme de retrouver un toit. Le problème du logement représente un des principaux défis auxquels font face les autorités haïtiennes. A la fin de l'année dernière, elles ont annoncé de nouvelles normes pour la construction de petites et moyennes résidences, mais elles peinent toujours à mettre en place un programme pour répondre aux besoins d'habitats de la population sinistrée et un réel plan de reconstruction. 5 milliards de dollars seront nécessaires, selon le gouvernement, pour fournir un meilleur hébergement aux victimes de la tragédie encore agglutinées sous des tentes de fortune et exposées à toutes sortes de problèmes causés, entre autres, par les mauvaises conditions d'hygiène, l'insécurité et les intempéries. Malgré les promesses officielles, les centaines de milliers de sans-abri demeurent incertains sur leur sort, tandis que les menaces d'expulsion affectent 17 pour cent des camps, selon les rapports d'organismes civils. Des centaines de personnes déplacées ont réclamé à plusieurs reprises devant les bureaux du premier ministre Jean Max Bellerive des logements décents. Les pays donateurs et les bailleurs de fonds internationaux ont promis d'allouer 240 millions de dollars a la construction de plus de 100 000 abris temporaires. Mais seulement le quart aurait été construit en un an. Sur le plan économique, des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans moyens de subsistance dans un contexte où 30 % des emplois disponibles avant le 12 janvier ont été perdus, aggravant le taux de chômage déjà très élevé, soit plus de 70 %. Les pertes occasionnées par le tremblement de terre s'élèvent, selon des estimations concordantes, à environ 7 milliards de dollars au niveau des secteurs productifs, dont 70 % dans le secteur privé. En ce qui concerne les infrastructures, un an après le tremblement de terre, de nombreuses rues restent encombrées par des millions de mètres cubes de gravats. Au départ on parlait de 20 millions de mètres cubes de débris, desquels un faible pourcentage a été enlevé. Une rue libérée aujourd'hui peut être à nouveau encombrée demain, puisque les riverains qui libèrent petit à petit les espaces de leurs maisons effondrées n'ont d'autre choix que de jeter les débris sur la chaussée. La communauté internationale, qui a volé au secours d'Haiti quelques heures après la tragédie, a convoqué de nombreuses réunions au cours desquelles des milliards de dollars d'aide ont été approuvés. Les fonds débloqués ne représentent qu'une infime partie de ce qui a été promis. Tout de suite après la catastrophe, Haiti n'a pas eu à déplorer la propagation d'épidémies toujours redoutées après ce genre de catastrophe. Mais 9 mois plus tard, le choléra a commencé a frapper la population. Entre le 19 octobre, lorsque les premiers cas ont été enregistrés, et le début de 2011, plus de 3,400 morts ont été répertoriées et plus de 157.000 personnes infectées. 400.000 contaminations sont attendues en 6 mois. L'autre problème majeur qui touche le pays est la crise politique, suite aux élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2010, dénoncées comme frauduleuses par toute l'opposition politique et d'importantes franges de la population. La proclamation des résultats du premier tour a déclenché une vague de violentes protestations qui ont fait au moins 4 morts. Une Commission technique de l'Organisation des États Américains (OEA) a examiné les résultats et le rapport qu'il aura à soumettre incessamment au gouvernement crée le plus grand suspense. L'engagement du gouvernement du Canada en Haïti est-il à la hauteur de ses promesses ?Un an après le séisme survenu le 12 janvier 2010 en Haïti, les membres de la Concertation pour Haïti (CPH) dont est membre Alternatives dressent un bilan décevant de l'aide canadienne en Haïti. L'approche préconisée par le gouvernement canadien ne permet pas d'amorcer véritablement une reconstruction d'Haïti. Privilégiant une stratégie de court terme et des projets à effets de redressement rapide, les projets financés par le Canada ne s'attaquent pas aux causes structurelles de la vulnérabilité d'Haïti. Or, c'est à cette seule condition qu'Haïti pourra se reconstruire autrement et durablement. Malgré les multiples déclarations du Canada annonçant un engagement de 400 millions de dollars pour la reconstruction d'Haïti pour 2010-2011, moins d'un tiers du budget prévu dans le cadre de l'engagement de New York pour l'année 2010 a été déboursé. De plus, la CPH constate un manque de transparence et une absence de reddition de compte de la part du gouvernement canadien en ce qui concerne les projets de reconstruction et sa contrepartie au Fonds d'aide aux victimes du séisme du 12 janvier. Le gouvernement s'était engagé le 14 janvier 2010 à égaler les dons des citoyens canadiens qui se sont finalement élevés à 220 millions de dollars. Toutefois, ce n'est qu'au mois de novembre qu'il a confirmé que sa contrepartie sera puisée à même les fonds qu'il a préalablement déboursés pour l'aide humanitaire d'urgence et à même l'engagement de New York. L'absence d'un cadre stratégique et la lenteur des décaissements contredisent la prétention du gouvernement canadien d'être un donateur de premier plan en Haïti, sa première priorité dans les Amériques et sa deuxième priorité dans le monde. Par ailleurs, le gouvernement du Canada a abandonné son rôle de leader dans la défense des droits humains au profit d'une approche sécuritaire. Tous les indicateurs abondent dans ce sens : multiplication démesurée des projets liés à la stabilisation et la sécurisation d'Haïti dont le budget avoisine 75 millions de dollars, augmentation du budget du Groupe pour la stabilisation et la reconstruction (GTSR), prolongement de sa contribution à la MINUSTAH et accroissement des effectifs policiers et d'agents correctionnels. Alors qu'à titre d'exemple, le Canada n'a octroyé depuis le séisme que 2,5 millions de dollars pour permettre l'accès à la justice aux citoyens les plus démunis. Cette approche sécuritaire contribue à la perte de crédibilité du Canada au sein de la Communauté internationale, comme le confirme sa récente défaite à l'obtention d'un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies. L'Agence canadienne du développement international (ACDI) se limite, quant à elle, à trois priorités thématiques : 1. accroître la sécurité alimentaire, 2. assurer l'avenir des jeunes et des enfants, 3. favoriser une croissance économique durable. L'ACDI écarte du coup tout projet visant à protéger les droits humains et à renforcer la démocratie haïtienne, deux secteurs qui étaient pourtant prioritaires dans l'engagement du Canada en Haïti depuis des décennies. De plus, l'ACDI a délaissé son rôle d'appui à la société civile haïtienne. La CPH dénonce les stratégies d'aide du Canada en Haïti et recommande que le gouvernement :
Au lendemain de la Conférence de New York des donateurs en mars 2010, le ministre Cannon déclarait : « nous avons donné généreusement et maintenant, nous nous attendons à des résultats ». Avant de réclamer des résultats, la CPH exige que le gouvernement du Canada commence par tenir ses promesses. Pour l'analyse et les recommandations détaillées de la CPH, veuillez vous référer au document de plaidoyer politique. À propos de la Concertation pour Haïti Fondée en 1994, la CPH est un regroupement d'organisations non gouvernementales, d'organisations de la société civile et de membres individuels du Québec qui participent au mouvement de solidarité avec le peuple haïtien. Les organisations membres de la CPH sont Alternatives, Amnistie internationale, Association Québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) (membre observateur), Centre international de solidarité ouvrière (CISO), Coalition pour la protection de l'environnement et le développement durable en Haïti (COPEDH), Comité de Solidarité/Trois-Rivières (CSTR), Développement et Paix, Droits et Démocratie (membre observateur), Equitas, Handicap International, L'Entraide missionnaire, OXFAM-QUÉBEC, Regroupement des organismes canado-haïtiens pour le développement (ROCADH), SUCO, YMCA du Québec. Les membres individuels sont : Lody Auguste, Pierre Bonin, Madeleine Desnoyers, Catherine Duhamel, Francine Néméh, Marlène Rateau. Pour information additionnelle : Catherine Duhamel (514) 827-6903, Suzanne Loiselle (514) 270-6089, Denis Labelle (418) 391-2310. |
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